Avalanche Hôtel : Je redonne une chance à Niko Tackian

Je voulais me lancer à nouveau dans un des romans de Niko Tackian, mais je ne voulais pas non plus lire la suite de Celle qui pleurait sous l’eau : j’avais peur d’être de nouveau déçue et je voulais m’assurer de découvrir une autre dimension de l’auteur. Avalanche Hôtel m’a tout de suite conquise. Je me suis installée confortablement, avec une jolie playlist bien angoissante… et face à l’entrée en matière brutale et mystérieuse à laquelle on est confrontés, on peut dire que ça a fait le boulot. L’ambiance est mystérieuse, intrigante et la tension est palpable. On ressent facilement l’angoisse et la moiteur de l’environnement. L’hôtel est un véritable clin d’œil à l’Overlook de King, et ça se voit, toutefois sans grande prétention (l’opposé total de ce qu’on peut trouver dans L’illusion de Chattam …). J’ai eu envie de connaître la suite, j’étais à fond, ça, je peux le dire sans doute.

Si le retour à la réalité parait plat en comparaison, j’assimile la frustration du lecteur à celle de Joshua. En cela, lecteur et protagoniste s’accordent, et c’est joliment mené. Les similitudes entre cette première partie et la seconde sont troublantes et suscitent, tout au long du récit, des montées d’adrénaline pile là où il faut pour ne pas perdre le fil ni l’envie, ni la curiosité. On se doute tout de suite d’un lien disons abracadabrant, si bien que le fil vers le dénouement, quoique logique, conserve une part d’inexplicable.

C’est un roman court et simple, à l’image de J.A., simple flic sans histoire, pas très brillant mais pas mauvais non plus. J’ai aimé la simplicité du récit : Niko Tackian vise juste et équilibre ses 300 pages à la perfection : tout est parfaitement bien équilibré. On y retrouve aussi une précision bien transmise : les éléments essentiels sont exprimés et vulgarisés avec justesse, de façon à satisfaire tout public (j’ai aimé trouver là un juste milieu entre ce qu’on lit chez Thilliez et ce qu’on peut lire dans d’autres polars beaucoup moins portés sur la science).

Et puis, enfin, j’ai adoré trouver un parallèle, un de ces échos littéraires entre Souvenirs de Marnie, classique de la littérature, et Avalanche Hôtel, polar contemporain. Les mystères de la mémoire sont multiples, mais je suis fascinée par la façon dont les souvenirs, qu’ils soient nôtres ou seulement bribes d’informations éparses, peuvent remonter à la surface d’une telle manière. J’ai adoré suivre le fil rouge de cette découverte, et encore plus découvrir la note de l’auteur à ce sujet.

En définitive, une belle lecture que je recommande fortement. Ce n’est pas un pavé plein de sensations, c’est simplement une enquête et une quête personnelle au sens profond, joliment tourné et écrit avec intelligence.

Janvier 1980, à l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Joshua Auberson, agent de sécurité, enquête sur la disparition d’une jeune cliente, avec un sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui, il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua a si froid qu’il perd conscience…

… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un rêve dû au coma.
Un rêve, vraiment ?

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